ALDONZA

THÉÂTRE en Musique

d’après l’œuvre de F. DELICADO

traduction de Claude BLETON

adaptation et mise en scène de Thierry PAILLARD

Valérie BARRAL interprète Aldonza

René VILLERMY à la Vihuela (guitare) et au Luth

Présentation

ALDONZA, la Gaillarde Andalouse : Parole de femme…

Voyage dans le temps, dans le rêve, fresque d’une société aux trois cultures chrétienne, juive et morisque, voici Aldonza, la Femme dans toute la splendeur de sa séduction, fière, arrogante, rusée, politique…

Voici ses tribulations au son du Luth dans la Rome Renaissance.

"Par la virulence de sa critique sociale, la vivacité et la fraîcheur de sa langue, la présence de l'auteur parmi ses personnages, à la manière de Vélasquez, cette œuvre agressivement érotique en un siècle où la chasteté de l'expression écrite devenait peu à peu un trait de "caractère" immuable en Castille est pour le lecteur lucide et sans préjugé une source intarissable de surprise et d'admiration".

Juan Goytisolo

résumé

UNE EXPRESSION THÉÂTRALE

 

Saluons pour commencer ce délectable "Portrait de la Gaillarde Andalouse" écrit et publié à Venise en 1529 par Francisco Delicado. Ce texte nous dévoile, en un dernier témoignage des dits et récits du Moyen-âge talonnant le Siècle d’Or et son roman picaresque, une étonnante fresque de la Rome de la Renaissance. Satire de la Ville Sainte et de sa société corrompue par le pouvoir et l’argent cette "Gaillarde Andalouse" est également l’évocation de la culture de l’Espagne tolérante antérieure à 1492, une Espagne des trois religions d’avant les infâmes décrets d’expulsion des communautés juives et morisques promulgués par les Rois catholiques. En témoigne les nombreuses allusions et références aux coutumes juives et morisques accompagnées d’une diatribe sarcastique à l’égard du mythe de pureté des origines ou des notions d’honneur revendiqués par des ruffians et des prostituées. Savourons la délicieuse traduction (éditée en 1993 chez Fayard) par Claude Bleton et découvrons sa tranchante adaptation et mise en scène par Thierry Paillard qui croque avec un cynisme jubilatoire plus d’une vingtaine de personnages, amis, ennemis, pratiques ou consœurs d’Aldonza.

Goûtons enfin sa transmutation théâtrale par Valérie Barral et son évocation musicale par René Villermy, qui attrape notre premier bras avec une série de dialogues perfidement appelés « chatteries » et notre second bras avec l’interprétation musicale des premières partitions publiées pour le Luth et la Vihuela.

 

UNE EXPRESSION MUSICALE

 

La musique, et plus généralement les Beaux-Arts, ont vocation à l'époque d'Aldonza à chanter la prospérité des états, la puissance de l'église, et la gloire du monarque, exemple idéal d'humanité en son plus haut degré d'accomplissement. Francisco Delicado nous invite cependant à observer la part la plus vertueuse de l'humanité qui est faite de courtisane estimable et d'honorables petites gens, engeance qui habituellement ne suscite pas le respect. Qu'ont en partage cette andalouse délurée contrainte par un sort capricieux à vivre de la concupiscence de ses contemporains et la noble éloquence d'une musique qui manifeste un ambitieux idéal spirituel et artistique ? N'est-il pas juste que quand les puissants, aristocrates corrompus et prélats débauchés, se complaisent dans l'indignité, la plus belle des musiques soit réservée aux plus humbles qui assument l'honneur de l'humanité ?

Notre « Gaillarde Andalouse » mérite en toute légitimité que lui soit dédiée la plus précieuse et distinguée musique, hommage des plus fins instrumentistes de la Renaissance.

 

UNE FUSION : MUSIQUE ET THÉÂTRE

 

Le singulier contrepoint qui se tisse entre le verbe de la gaillarde Aldonza mûrie dans l'exil des lupanars romains, et l'harmonieux son du luth italien ou celui plus rude de l'espagnole vihuela peut-t-il rendre compte de la riche complexité de la première partie de la Renaissance ? Ce "beau seizième siècle" gorgé, malgré les malheurs du temps, de sève et d'espérance.

Le dialogue qui s'instaure entre le texte de Delicado et la grande musique de son temps peut-il révéler les deux aspects contradictoires d'une même réalité ? Celle de la condition humaine ? Écartelée entre une ardente aspiration spirituelle et les plus insatiables appétits terrestres, elle oscille en ces temps là, (peut être comme dans le nôtre) entre la découverte de la liberté individuelle et la violence de l’histoire.

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